Accés privé entreprises



ESTER Technopole

Abonnez-vous à notre site

Accueil du site > Actualités > Interview d’Agnès Smith
5
janvier

Interview d’Agnès Smith

Professeur des Universités à l’ENSCI, membre de la Commission des Titres d’Ingénieurs


Après 12 ans passés à l’administration générale de l’ENSCI* - 2 mandats à la direction des études suivis de deux autres à la direction -, Agnès Smith a quitté ses fonctions de directrice le 31 décembre dernier. Retour sur ces différents mandats.

Quel bilan tirez-vous de cette période ?
C’est une période pendant laquelle de nombreux changements ont été opérés. Le premier est la mise en place, depuis 1999, du processus de Bologne, dont l’objectif était de construire, avant 2010, un espace européen de l’enseignement supérieur. Parallèlement à cette mise en place, nous assistons depuis 5 ou 6 ans à l’accélération des évolutions impulsées par l’Etat en matière de restructuration de l’enseignement supérieur. L’Ecole a enfin également emménagé dans ses nouveaux locaux du Centre Européen de la Céramique en 2010.

Dans ce contexte, quelle a été votre stratégie ?
Pour accompagner ces différents mouvements de restructuration, et faire face à ces nouveaux enjeux, ma politique a été de placer l’Ecole dans une logique d’alliance et d’ouverture, et de placer l’offre de formation sous le signe de la qualité. L’Ecole a tout d’abord intégré les réseaux nationaux Gay Lussac, pour les écoles de chimie, et Polyméca, pour les écoles de mécanique, avant de devenir partenaire du groupe INSA**. Cette ouverture nous a permis d’asseoir la visibilité de l’Ecole, de conforter sa spécificité dans le domaine de la céramique, et de lui assurer un rayonnement plus large. L’ENSCI est également habilitée pour 6 ans par la Commission des Titres d’Ingénieurs et bénéficie de la certification ISO 9001. Tout cela permet aujourd’hui à l’Ecole d’être reconnue plus largement aux niveaux national et international.

A quels principaux défis avez-vous dû faire face ?
Ma préoccupation a toujours été d’anticiper, en me demandant à quoi ressemblera la carte de France de la formation supérieure dans dix ou quinze ans. Il y a une trentaine d’années, on comptait moitié moins d’écoles d’ingénieurs en France, et un nombre de places inférieur au nombre de candidats. La création d’écoles supplémentaires, dans les années 1990, a eu pour conséquence une perte d’attractivité générale des écoles d’ingénieur. Aujourd’hui, la naissance de gros pôles d’enseignement supérieure formation, à Paris, Bordeaux ou Toulouse pour ne citer que les plus proches, avec un effet d’aimantation important vis-à-vis des étudiants, renverse la question de l’attractivité, et pose la question de la structuration et de l’attractivité de notre territoire.
Dans ce mouvement d’ensemble, Limoges et le Limousin ont eux aussi un rôle à jouer. En région, la création du PRES (Pôle de Recherche et Régional d’Enseignement Supérieur) répond pour partie à cette question, tout comme y répond la création du Centre Européen de la Céramique au niveau local, et la concentration des acteurs de la céramique sur le site d’ESTER. Il est aujourd’hui indispensable d’aller encore plus loin et de proposer une offre de formation attractive et de qualité en sciences appliquées à l’échelle du Limousin, avec des structures plus larges et un produit d’appel fort vis-à-vis des lycéens. Nous avons tous les ingrédients pour réussir cette mutation.

Comment avez-vous vu évoluer le métier d’ingénieur ?
On demande aujourd’hui à un ingénieur d’avoir un socle de compétences spécifiques, mais aussi d’avoir des compétences plus générales. Il doit savoir s’adapter, mener des actions de veille stratégique, manager des équipes et des projets ou parler plusieurs langues, tout en ayant des compétences pointues. Même si l’expertise technique reste importante, les entreprises ont besoin de « spécialistes généralistes » aux compétences transversales. Les programmes pédagogiques, élaborés par un conseil de perfectionnement qui rassemble des industriels et des professeurs, sont modifiés en fonction des attentes des entreprises, avec l’ambition de donner une ouverture plus large aux élèves ingénieurs. Il faut toutefois souligner qu’à Limoges on a su conserver des formations techniques : c’’est un réel atout. Une autre évolution concerne aussi la diversité des métiers proposés aux ingénieurs, qui peuvent différer selon les périodes : matériaux de grande diffusion, industrie nucléaire, équipementiers…

*Ecole Nationale Supérieure de Céramiques Industrielles.
** Institut National des Sciences Appliquées, Premier réseau d’écoles publiques d’ingénieurs en 5 ans en France
www.cti-commission.fr


E.S.T.E.R. Limoges Technopole - 87069 Limoges cedex Tél. : + 33 (0) 555 42 60 00 - Fax : + 33 (0) 555 42 60 05 - E-mail : ester@ester-technopole.org - Mentions légales