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Posté le
12juillet

3 questions / 3 réponses à Guillaume Erner (sociologue)

Le 21 juin 2010, Guillaume Erner (Maître de conférence en sociologie à l’institut politique de Paris) animait une conférence sur le thème : "(se) construire pendant la crise". proposée et organisée par ESTER Technopole, cette approche sociologique de la crise a donné aux participants les clés pour dépasser la période de crise et poursuivre la route de l’innovation.

Avant son intervention, Guillaume Erner avait répondu à nos questions.

Pourquoi cet intérêt de la sociologie pour la crise économique ?
En sociologie, la crise a une autre signification qu’en économie. Parce qu’elle est envisagée sous l’angle de la société toute entière, et non plus seulement sous l’angle économique, elle se déploie sur une échelle de temps plus longue. Et cette crise que nous traversons est avant tout la crise d’un modèle productiviste : elle remonte aux années soixante, à la fin des trente glorieuses et du fordisme. Elle marque une mutation car elle est le signe que la société change. Avec l’explosion de certains phénomènes, comme la mondialisation, le chômage de masse, la laïcisation, et des trajectoires de vie plus heurtées, nos vies ont une physionomie différente. Ces changements modifient nos existences, nos existences en tant qu’individu, en tant que travailleurs et en tant que consommateur. En quelque sorte la crise accélère la mutation de nos sociétés. 

Qu’est-ce qui la différencie des précédentes ?
Cette crise a mis en avant des phénomènes économiques qui ont des racines sociales. On y retrouve un invariant : l’incapacité de l’être humain à se méfier des bulles économiques. Mais cette crise diffère des autres parce qu’elle a révélé le jeu des mécanismes spéculatifs et souligné l’interdépendance des économies. 

Comment préparer l’après-crise ?
 L’idée de cette conférence est d’accompagner les pricniapux acteurs de l’entreprise dans la formulation d’une stratégie anti-crise. Pour résumer, on peut dire que pour mettre la crise à profit, il faut s’adapter et innover, économiquement bien sûr, mais aussi sociologiquement.

L’innovation comme mode de résistance à la crise
Les exercices anti-crise :
1. Tester le "locus of control des individus"
2. Travailler avec des gens qui vous dérangent, différents de vous
3. Encourager ses employés à défier leurs supérieurs et leurs pairs
4. Récompenser le succès et l’échec, sanctionner l’inaction
5. Oublier le passé
6. Oublier les clients
7. Oublier les succès du secteur