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Posté le
15septembre

3 questions / 3 réponses à Jacky Lintignat

Retrouvez ici l’intégralité de l’interview de Jacky Lintignat publiée dans les Brèves d’ESTER 61 (septembre 2009).
 
Jacky Lintignat, Directeur Général KPMG
 

1er cabinet français d’audit, d’expertise comptable et de conseil, KPMG publiait en 2008 une étude sur les PME qui superforment. Avec un chiffre d’affaires compris entre 10 et 300 millions d’euros et une croissance quatre fois supérieure à la moyenne, elle tirent la croissance de l’économie française (1).

Le 09 juillet 2009, ESTER Technopole et KPMG organisaient une table-ronde sur le sujet, pour présenter les résultats de l’étude et partager les réflexions d’acteurs économiques aux activités et témoignages complémentaires(2).

L’étude a été présentée plus d’une dizaine de fois dans les grandes villes de France, en partenariat avec la Tribune, et lors d’un atelier de la journée nationale « Planète PME » qui avait lieu à Paris le 16 juin dernier.

Quels critères caractérisent les PME performantes ?
L’étude fait apparaître 5 éléments majeurs, le premier étant qu’on ne croît pas par hasard mais par obsession de grandir. Ces PME ont également un rapport différent au risque, qu’elles intègrent dès le départ dans leur stratégie de développement. Leur performance repose aussi sur le financement de la croissance, essentiellement par endettement : elles sont de fait deux fois plus endettées que la moyenne des PME. Deux leviers sont enfin mis en avant par l’étude : l’innovation et l’internationalisation. L’innovation ne s’entend pas au seul sens technologique, elle comprend à la fois le marketing ou les process. De même, l’international ne se limite pas à l’exportation : il s’agit de s’inscrire dans une perspective internationale, et dans une logique d’intelligence économique qui n’est pas limitée à la France.
 
L’innovation et le goût du risque sont-ils le seul fait des start-up ?
Les start up ne sont pas les seules à se caractériser par cet état d’esprit. Il y a des secteurs très traditionnels et des entreprises très installées qui sont innovants. Sur près de 2000 entreprises analysées dans le cadre de l’étude, et au regard du critère retenu du chiffre d’affaire (entre 10 et 300 millions d’euros) on dénombre d’ailleurs peu de start up. Dans tous les cas, une srat up est condamnée à grandir. Elle part de zéro, elle ne peut donc pas se permettre de « végéter » !
 
Comment réagissent les PME performantes face à la crise ?
La mise à jour de l’étude, que nous menons actuellement auprès des mêmes entreprises, nous indique que la crise les impacte, mais qu’elles continuent à grandir, même si c’est à un rythme plus faible. Les conclusions définitives de cette actualisation ne seront rendues qu’au mois de novembre, mais c’est une tendance forte.

Ce sont des PME réactives, elles se différencient principalement par leur rapport au risque, et se distinguent par leur capacité de rebond et une attitude opportuniste. Pour elles, la crise est une difficulté, mais elle leur ouvre aussi des perspectives : elle est vécue comme une période qui ouvre des opportunités de croissance et de renforcement des positions.

Quel est le rôle du chef d’entreprise dans ce modèle de développement ?
Le projet de l’entreprise est avant tout celui du chef d’entreprise. Il est incontournable ; c’est lui qui donne l’accent et le rythme. S’ils aiment le risque, ces dirigeants ne sont pas inconscients pour autant. Il y a une vraie gestion du risque et ils ont pleinement conscience de cette prise de risque. Cette incarnation du projet d’entreprise est une vraie force, mais elle peut aussi s’avérer une faiblesse dans le cas des entreprises familiales par exemple.
 
Certaines conclusions de l’étude vous ont-elles surpris ?
C’est justement cet affichage de la prise de risque qui m’a le plus étonné. Je pense que je n’avais pas conscience que ces chefs d’entreprise le reconnaissaient et le revendiquaient. Ils déclarent à 80% avoir pris des risques hier, à 79 % en prendre aujourd’hui, et prévoient toujours d’en prendre à 75 % demain ! C’est évidemment lié au fait qu’ils perçoivent la crise comme une opportunité parce qu’ils ont identifié des pistes de développement.
 
Combien de PME Limousines rentrent-elles dans les critères de cette étude ?
Une quinzaine d’entreprises du Limousin se retrouvent dans l’étude, ce qui est d’ailleurs conforme au poids économique de la région, qui représente environ 1% du PIB de la France.
 


(1) Sur les quelque 20 000 entreprises dont le CA est compris entre 10 et 300 millions d’euros, les entreprises qui superforment avec une croissance 4 fois supérieure à la moyenne sont 1831, soit un peu moins de 10% du total.
(2) François Lambert (Associé Directeur - KPMG), Fabrice Macquet (Délégué Général - ESTER Technopole), Carlos Diaz (fondateur de groupeReflect et CEO de blueKiwi Software), Rémi Noguera (Président Directeur Général - Ceradrop), Rémy Glantenay (Directeur Général Délégué – Limousin participations), Thierry Martignon (Directeur régional – Oseo limousin).